Réunion interministérielle : le gouvernement fixe les priorités de la nouvelle saison agricole

Le Premier Ministre, Ahmadou Al Aminou Mouhamed Lo, a présidé une réunion interministérielle , ce mardi, pour dresser le bilan de la saison écoulée et fixer le cap de la nouvelle campagne de production agricole 2026-2027. Si l’année précédente a enregistré d’excellents résultats, notamment une hausse de la production céréalière et un gel historique des importations de bananes, la nouvelle campagne s’ouvre dans un contexte de restrictions budgétaires et de risques climatiques. L’objectif principal est désormais de passer d’une simple logique d’approvisionnement en intrants à une véritable approche en chaîne de valeur.
Pour faire face aux urgences avant l’installation définitive des pluies, le gouvernement engage des mesures financières fortes. Le ministre des Finances doit libérer en urgence une première tranche de crédits et mettre en place un plan d’apurement rapide des factures dues aux fournisseurs, représentant des dizaines de milliards de francs CFA. Par ailleurs, pour surmonter le blocage des comptes des Industries Chimiques du Sénégal, des mécanismes bancaires alternatifs seront instaurés avant la mi-juillet afin de sécuriser l’approvisionnement en engrais tout en diversifiant les sources d’achat. Sur le terrain, une attention particulière sera portée à l’inclusion, avec un objectif minimal de 30 % des semences et engrais alloués aux femmes et aux jeunes.
La modernisation des facteurs de production constitue le second pilier de cette stratégie. L’accent sera mis sur la restauration des sols, la maintenance des réseaux d’irrigation et le renforcement de la protection des cultures contre les nuisibles comme les oiseaux granivores. Le gouvernement mise également sur l’innovation grâce à la généralisation progressive d’une plateforme digitale pour suivre les subventions et au déploiement d’une assurance agricole indicielle. Pour fiabiliser les données des producteurs, un millier de Jeunes Volontaires de l’Agriculture seront mobilisés sur le terrain. En parallèle, des investissements prioritaires seront orientés vers les infrastructures de stockage, le matériel agricole et le développement de la chaîne du froid pour le secteur horticole. L’élevage sera aussi pleinement intégré à ce programme à travers le développement de cultures fourragères et un projet d’ensilage de maïs.
Sur le plan des filières, des actions spécifiques sont définies pour maximiser les rendements et sécuriser les débouchés. Pour le riz, il s’agit de garantir la distribution des semences avant les pluies et de réguler les importations afin de faciliter l’écoulement de la production locale. Les cultures de maïs, de mil, de sorgho et de niébé bénéficieront d’un meilleur accès aux semences améliorées et de contrats tripartites entre producteurs, industriels et État. Concernant l’arachide, le criblage deviendra obligatoire et un accord-cadre transférera les fonctions opérationnelles au secteur privé tout en maintenant le rôle de contrôle de l’État. Le coton recevra un appui de plusieurs milliards pour subventionner les intrants et moderniser les équipements, tandis que la filière anacarde bénéficiera d’un accompagnement décisif pour stimuler la transformation locale. Enfin, la production locale de semences de pomme de terre sera encouragée pour remplacer les importations, et les cultures de diversification comme le sésame ou le fonio seront valorisées.


une enveloppe globale de 130 milliards de francs CFA
Pour financer l’ensemble de ces ambitions, une enveloppe globale d’au moins 130 milliards de francs CFA sera inscrite au budget, marquant un soutien renforcé aux forages agricoles et à la numérisation. Des instruments de relais bancaire et des fonds de commercialisation permettront de préfinancer les opérations sans peser immédiatement sur le budget de l’État. Le suivi rigoureux de cette campagne est confié au Secrétaire général du Gouvernement, qui veillera au respect d’un calendrier national strict, allant de la mise en place des intrants en juillet jusqu’à la clôture de la collecte en avril, afin de garantir le succès de cette transition agricole.

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