État civil : les déclarations tardives de naissance mettent en difficulté des milliers d’élèves à l’approche des examens

Chaque année, à l’approche des examens du BFEM et du Baccalauréat, de nombreux élèves découvrent que leur situation d’état civil n’est pas conforme. Absence d’acte de naissance, déclaration tardive ou encore différences entre les informations figurant sur les documents présentés au BFEM et celles utilisées pour le Baccalauréat : ces irrégularités peuvent compliquer les démarches administratives et retarder la constitution des dossiers.

Selon le Code de la famille du Sénégal (Loi n°72-61 du 12 juin 1972), toute naissance doit être déclarée dans le délai ( 12 mois) prévu par la loi auprès du centre d’état civil compétent. Lorsque ce délai est dépassé, l’inscription ne peut plus être effectuée sur une simple déclaration. Elle nécessite une décision de justice, appelée jugement supplétif, qui autorise l’établissement de l’acte de naissance.

Cette procédure, pourtant prévue pour protéger les droits des citoyens, est souvent engagée très tardivement. Dans de nombreuses familles, la régularisation n’intervient qu’au moment où l’élève doit s’inscrire à un examen national, créant des difficultés administratives importantes.

Le cas sensible des candidats au Baccalauréat : 

L’une des situations les plus fréquentes concerne les élèves qui ont obtenu leur BFEM avec un extrait de naissance comportant certaines informations, puis présentent, pour leur inscription au Baccalauréat, un nouvel extrait établi à la suite d’un jugement supplétif ou d’une rectification comportant des données différentes.

Lorsque le nom, le prénom, la date de naissance ou d’autres éléments d’identité ne correspondent pas aux informations figurant dans les dossiers scolaires antérieurs, une discordance d’identité apparaît. Cette situation peut nécessiter des vérifications et la production de pièces justificatives complémentaires afin d’établir la continuité de l’identité du candidat.

L’objectif est de garantir la fiabilité des dossiers et la sécurité juridique des diplômes délivrés.

Un jugement récent n’efface pas automatiquement les anciennes incohérences :

L’obtention récente d’un jugement supplétif ou d’une décision de rectification permet de régulariser l’état civil, mais elle n’entraîne pas automatiquement la mise en conformité de tous les documents administratifs déjà établis. Lorsque des différences existent entre les anciennes et les nouvelles pièces, les administrations concernées peuvent demander les justificatifs nécessaires pour assurer la cohérence des dossiers.

Une responsabilité collective : 

Ces situations rappellent l’importance de déclarer les naissances dans les délais légaux et de régulariser rapidement toute anomalie. Les parents, les collectivités territoriales, les établissements scolaires et les services de l’état civil ont un rôle essentiel à jouer pour éviter que des élèves ne se retrouvent confrontés à des difficultés administratives au moment le plus décisif de leur parcours scolaire.

À l’heure où le Sénégal poursuit la modernisation de son système d’état civil, la question de l’identité légale demeure un enjeu majeur. Derrière chaque acte de naissance régulier se trouve la garantie pour chaque enfant de pouvoir exercer pleinement ses droits, poursuivre ses études et accéder sans obstacle aux examens et aux services publics.

Matar NDAO DG ANEC.

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