
La commune de Khombole (département de Thiès) est devenue très dynamique grâce à une nouvelle politique basée sur le marketing territorial et la mobilisation des ressources endogènes. Pour Babou Mbaye, géographe et aménagiste, qui a échangé avec le reporter du « Soleil», ce modèle de gouvernance doit faire tache d’huile.
Depuis quelques années, la méthode de Maguèye Boye, maire de Khombole (département de Thiès), bouscule les standards. L’édile fait preuve d’une certaine ingéniosité pour rendre sa commune attractive en utilisant le marketing territorial, un mécanisme qui fait qu’aujourd’hui Khombole est très dynamique. Pour Babou Mbaye, géographe et aménagiste, qui a échangé avec le reporter du « Soleil », ce résultat est le fruit « d’une politique méthodique et d’un engagement soutenu de la part du maire ». Il estime que « Khombole est une vitrine du développement local et doit être une source d’inspiration pour toutes les collectivités territoriales du pays ». L’expert soutient que « les différents indicateurs d’évaluation dans les domaines relevant de ses compétences, notamment la gestion des ressources naturelles, la santé, la population et l’action sociale, la jeunesse, les sports et les loisirs ainsi que l’éducation, témoignent d’un niveau de satisfaction globalement élevé au sein des populations locales ». Cette performance, dit-il, « reflète une maîtrise des politiques de décentralisation et une compréhension fine des défis multiples (économiques, sociaux, environnementaux et politiques) auxquels sont confrontées les collectivités territoriales sénégalaises ».
Un modèle payant »
Khombole, commune centenaire et véritable mémoire vivante de l’histoire du Sénégal, longtemps reléguée au second plan, connaît, aujourd’hui, un regain de visibilité grâce aux efforts du Conseil municipal. Elle s’impose « comme un modèle de benchmarking territorial servant de source d’inspiration à d’autres collectivités de même envergure, tant au niveau national que sousrégional », indique le géographe et aménagiste. Que seraient nos territoires si l’ensemble de nos collectivités locales s’inscrivaient dans des dynamiques similaires de développement économique local, à l’image de la commune de Khombole ? Telle est la question que s’est posée le spécialiste qui estime qu’en prenant exemple sur Khombole, « les territoires seraient plus viables, plus compétitifs et davantage porteurs de développement, conformément aux ambitions de l’Acte 3 de la décentralisation ». Dans cette perspective, « la question de l’évolution vers une nouvelle réforme via l’Acte IV se poserait sans doute avec moins d’acuité si les fondements actuels, tels qu’illustrés par l’expérience de Khombole, étaient pleinement appropriés et mis en oeuvre », explique-t-il. Certes, la conquête d’une commune relève du jeu politique, mais au-delà de cette réalité, Babou M. Mbaye trouve que « l’enjeu demeure la capacité à porter une vision stratégique et à impulser un développement endogène durable, comme tente de le démontrer la trajectoire actuelle de Khombole ». En effet, affirme-t-il, « le développement national prend racine d’abord au niveau local ».
Source : Le Soleil