Informer Valoriser Connecter les territoires
Devenir membre
Actualités 19 juin 2026 alassane

Mbour, un bon élève de la fiscalité locale

Les Collectivités territoriales du Sénégal font face à un manque de moyens financiers ; ce qui constitue un frein à leurs objectifs de développement. L’un des objectifs du PACASEN est d’améliorer leurs ressources à travers...

Les Collectivités territoriales du Sénégal font face à un manque de moyens financiers ; ce qui constitue un frein à leurs objectifs de développement. L’un des objectifs du PACASEN est d’améliorer leurs ressources à travers des mécanismes permettant l’amélioration de la fiscalité locale. Avec la mise en place de sa Commissions de fiscalité locale, la commune de Mbour sous la houlette de son Maire Cheikh Issa Sall , a réussi à augmenter ses ressources propres et est citée en modèle dans ce domaine.

À Mbour, le PACASEN se porte bien. Ce programme innovant a permis la réalisation d’infrastructures dans plusieurs secteurs. Mais c’est dans le domaine de la fiscalité locale que des bonds importants ont été réalisés. L’opérationnalisation effective de sa Commission de fiscalité locale a permis l’intégration de la commune dans la chaîne fiscale, mais aussi d’augmenter les émissions des impôts et taxes locaux en qualité et en volume. En 2024, le recouvrement de l’impôt sur le foncier bâti et la Tom pour la commune de Mbour a connu une progression de 10,43%. Des efforts ont aussi été notés pour le recouvrement de l’impôt sur le foncier non bâti. Avec sa stratégie innovante de mobilisation de ressources propres, la commune de Mbour est aujourd’hui citée comme modèle en matière de fiscalité locale. « Mbour profite de l’ensemble des bénéfices du PACASEN. Ce programme novateur nous a permis de réaliser beaucoup de choses, notamment en infrastructures routières, sanitaires, sur le budget, sur l’accompagnement. Sur le plan des réalisations, la commune de Mbour a fait des résultats extraordinaires. Et c’est le travail mené sur le terrain qui nous a permis d’être dans l’ordre de 95%», a fait savoir Bayati Babou, deuxième adjoint au maire, président de la Commission fiscale locale de Mbour. Aujourd’hui, Mbour est, selon M. Babou, un bon élève du PACASEN. « La commune de Mbour est citée comme une référence dans la gestion de la fiscalité locale. Je doute d’ailleurs que nous ne puissions pas être les premiers. C’est l’occasion de remercier le maire, Cheikh Issa Sall, pour son engagement, mais aussi les délégués de quartier, qu’on appelle commissaires, pour leur dévouement, leur mobilisation pour atteindre les résultats escomptés », a indiqué M. Babou. 

Sensibilisation, formation et mobilisation citoyenne

Dans un passé assez récent, la fiscalité locale et le civisme fiscal étaient presque méconnus des populations. Avec de nombreux acteurs, la commune de Mbour a mis en place une stratégie pour mieux atteindre ses cibles. « Après la mise en place la Commission de fiscalité locale, la première phase a été de les former pour qu’ils puissent comprendre réellement de quoi il s’agissait. Ça a été fait, et dans le cadre de notre plan d’actions, on a élargi cette formation à l’ensemble des délégués, plus un élu nommé par le maire pour diriger la commission, un représentant des impôts et un du Trésor », a-t-il affirmé. Après la formation, il fallait descendre sur le terrain pour faire passer l’information. « Avec l’appui de la société civile, du forum civil, de la justice, de l’Odcav, en tant que représentant des jeunes, des femmes, des « badiénou gokh »,  on a fait le tour des quartiers et organisé des forums ». Ces occasions ont permis de passer en revue toute la typologie des impôts fonciers et surtout les modalités de paiement, de faire une explication détaillée  sur les textes régissant l’impôt foncier et la Taxe sur les ordures ménagères (Tom). Toutes ces actions ont, selon Bayati Babou, porté leurs fruits. « Si vous allez au bureau des impôts, vous allez voir qu’il y a un bond par rapport aux gens qui venaient et ils viennent de leur propre gré, sans qu’on ne les y oblige », s’est-il félicité. « Beaucoup de gens ne comprenaient pas. On leur a alors expliqué ce que fait la mairie, notamment en termes de ramassage des ordures, d’éclairage public, de construction de salles de classes, d’accompagnement des Inspections d’académie, de construction de postes de santé, etc. Ils ont ensuite compris. Et cette approche méthodologique a porté ses fruits et a permis d’avoir des résultats positifs », a indiqué M. Babou. Ces bons résultats ont d’ailleurs valu à la commune de Mbour une invitation au Togo par le Projet de renforcement des capacités pour la décentralisation en Afrique de l’Ouest (PRODAO). Cette structure devait élaborer, de concert avec neuf pays du continent, dont le Togo, un cahier de bonnes pratiques innovantes de mobilisation de ressources propres des collectivités territoriales. Mbour a alors saisi cette tribune pour présenter son expérience qui a été fortement saluée. « Avec certaines collectivités territoriales, l’UAL, l’Union des élus locaux, qui a aussi piloté ce projet, on est allé au Togo pour présenter notre expérience qui a été très appréciée. C’est donc une grande satisfaction et cela trouve qu’un travail remarquable a été fait ces dernières années». Aujourd’hui, le défi, selon M. Babou, c’est la consolidation des acquis. Il a invité le PACASEN à octroyer des moyens supplémentaires pour renforcer la formation et la sensibilisation. « Ça nous permettra d’être beaucoup plus indépendants, mais aussi de pouvoir faire des résultats qui dépassent nos attentes », a assuré Bayati Babou.

TerrAct

Valorisez vos projets et vos territoires

Partagez vos initiatives, vos actualités et vos actions territoriales avec la communauté TerrAct.

Contacter la rédaction