
L’Agence de Développement Municipal (ADM) a ouvert une importante session de renforcement des capacités consacrée au thème : « Modèle de ville durable, normes urbaines et gouvernance : anticiper et prévenir les inondations par une planification maîtrisée ». Organisée dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de gestion des eaux pluviales et d’adaptation au changement climatique (PROGEP 2), cette rencontre vise à renforcer les compétences des acteurs territoriaux face aux défis croissants liés aux inondations et aux changements climatiques.
Dr Mamouth Diop, Directeur général de l’ADM a souligné que le PROGEP 2 dépasse largement le cadre d’un simple projet d’investissement. Selon lui, il constitue une réponse structurante à l’un des défis majeurs du Sénégal : protéger durablement les populations tout en préparant les territoires aux impacts du changement climatique.
« La résilience ne se limite pas à la construction d’ouvrages. Elle implique une transformation profonde de la manière dont nous concevons le développement des territoires », a-t-il déclaré, rappelant que le projet place l’humain au cœur de son action à travers des infrastructures de drainage, des équipements sociaux, l’accompagnement des ménages et le développement économique communautaire.
Le Directeur général a également inscrit l’action du PROGEP 2 dans la dynamique de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050, qui fait de la résilience territoriale, de l’adaptation climatique et de l’aménagement durable des priorités stratégiques pour le pays.
Pour le ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, la lutte contre les inondations exige une approche multisectorielle. Représentant le département ministériel, le conseiller technique Yankhoba Keïta a insisté sur la nécessité d’une meilleure planification de l’occupation des sols afin d’éviter l’installation anarchique des populations dans les zones à risques.
Il a notamment évoqué le futur déploiement des « pôles territoires », qui seront dotés de cartographies réglementaires des usages, des risques et des projections, permettant d’identifier clairement les zones destinées à l’habitat, à l’agriculture, aux activités extractives ou encore les zones non constructibles.
« Cette formation arrive à son heure. Elle permettra aux collectivités territoriales de mieux intégrer les enjeux de résilience climatique dans leurs politiques d’aménagement », a-t-il indiqué.
Des résultats concrets sur le terrain
Sur le terrain, les résultats du PROGEP 2 sont déjà perceptibles, notamment dans le département de Keur Massar. Le maire de Diakhaye-Parcelles, Abdoul Aziz Diané, a salué l’impact concret du projet sur la vie des populations autrefois fortement exposées aux inondations.

« Là où les quartiers étaient régulièrement submergés après les pluies, les populations peuvent aujourd’hui reprendre leurs activités quelques dizaines de minutes seulement après une forte précipitation », a-t-il témoigné.
L’édile a particulièrement mis en avant l’approche participative du projet, fondée sur la mise en place de comités locaux de gestion autour des bassins de rétention ainsi que sur l’implication des collectivités territoriales, des services déconcentrés et des populations.
Selon lui, les infrastructures de drainage réalisées dans des zones naguère très vulnérables, notamment à Keur Massar et Diakhaye, ont profondément transformé le quotidien des habitants.
En outre, le maire a plaidé pour la poursuite et l’accélération des investissements, notamment dans la réalisation de nouveaux bassins de rétention et de réseaux d’évacuation des eaux pluviales, saluant au passage le prolongement du PROGEP jusqu’en 2029 grâce à l’appui de l’État du Sénégal et des partenaires techniques et financiers.
Une formation pour des territoires résilients
Ainsi, pendant quatre jours, les participants bénéficieront d’échanges avec des experts et formateurs spécialisés autour des notions de ville durable, de gouvernance urbaine, de normes d’aménagement et de prévention des risques d’inondation. L’objectif est de doter les acteurs territoriaux des outils nécessaires pour intégrer durablement la résilience climatique dans les politiques de développement urbain et territorial du Sénégal.
Adama Faye