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Actualités 12 juillet 2026 alassane

Face aux violences basées sur le genre, briser le tabou sur les chantiers du développement

Derrière le déploiement des grands projets d’infrastructure se cachent parfois des réalités humaines complexes qu’il convient d’anticiper et de maîtriser. C’est tout l’enjeu de la session animée par Madame Marie Diokh, Experte en Intermédiation...

Derrière le déploiement des grands projets d’infrastructure se cachent parfois des réalités humaines complexes qu’il convient d’anticiper et de maîtriser. C’est tout l’enjeu de la session animée par Madame Marie Diokh, Experte en Intermédiation sociale et Genre de l’ADM lors de l’atelier de mise à niveau du Mécanisme de Gestion des Plaintes, organisé dans le Département  de Mbour . Cette rencontre a mis en lumière un impératif national, celui d’identifier, d’évaluer et d’atténuer les risques liés aux violences basées sur le genre, à l’exploitation et aux abus sexuels, ainsi qu’au harcèlement sexuel qui peuvent survenir dans le cadre d’initiatives communautaires.

Pour armer efficacement les acteurs de terrain, Madame Diokh a exposé une cartographie sans fard des différentes formes de violence qui menacent les populations. La violence psychologique et morale s’exprime par le harcèlement, les intimidations et les insultes, mais englobe également les mariages d’enfants et les mariages forcés et l’usage d’un langage explicitement déplacé. Au Sénégal, les statistiques interpellent directement les consciences puisque près de 32,3 % des jeunes filles seraient mariées avant l’âge de 18 ans. La violence sexuelle se manifeste quant à elle par des activités sexuelles forcées, des interactions sans consentement, des viols , tandis que la violence physique regroupe tout recours à la force causant une douleur, à l’image des châtiments corporels et des mutilations génitales féminines. Enfin, la violence économique, profondément liée à la pauvreté et au système patriarcal, se traduit par l’abandon de famille, le défaut d’entretien par un conjoint polygame ou l’exploitation flagrante du travail des enfants.

L’atelier a permis de lever le voile sur des dérives concrètes parfois observées dans le cadre des grands chantiers publics. Les participants ont ainsi planché sur des cas de figure où l’obtention d’un emploi ou d’un raccordement au réseau d’eau potable est exigée en échange de faveurs sexuelles. De même, l’afflux de main-d’œuvre extérieure peut exacerber la prostitution locale, notamment les rapports sexuels monnayés avec des adolescentes. L’intervenante a également abordé le traumatisme profond de l’inceste ainsi que les dérives managériales quotidiennes comme l’exposition d’images offensantes ou les comportements abusifs imposés par la hiérarchie.

Les conséquences pour les victimes, particulièrement les plus jeunes, s’avèrent dévastatrices et durables. Elles traversent des crises d’anxiété, des épisodes de dépression profonde, une baisse drastique de l’estime de soi, et font face à des risques majeurs de décrochage scolaire ou de grossesses non désirées. Face à ce constat, cette action de sensibilisation rappelle que l’urgence des projets de développement n’est plus seulement technique ou matérielle, elle est avant tout sociale et humaine.

MAMOUR FALL

TerrAct

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