
En marge de l’atelier de mise à niveau et de sensibilisation sur le Mécanisme de Gestion des Plaintes (MGP), organisé par l’Agence de Développement Municipal (ADM) dans le cadre du Pacasen, Mamadou Diokhane, Directeur de l’Action Territoriale au Ministère de l’Intérieur, a accordé un entretien à terract.net. Entre impératifs de transparence, nécessité d’une administration de proximité et gestion des conflits au niveau départemental, il livre les clés d’une réforme qui place désormais le citoyen au cœur des politiques publiques.
Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer le rôle de l’administration territoriale dans le cadre du mécanisme de gestion des plaintes ?
Mamadou Diokhane : Je m’appelle Mamadou Diokhane, je suis le Directeur de l’Action Territoriale, rattaché à la Direction générale de l’Administration Territoriale au sein du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Publique.
Ce mécanisme est venu au bon moment. Aujourd’hui, si l’on se réfère à l’article 102 de la Constitution, on parle de la territorialisation des politiques publiques. L’action publique doit désormais être menée au niveau des territoires, et cela se fait par le biais des parties prenantes. Qui sont ces parties prenantes ? Ce sont les acteurs territoriaux. Et quand on dit acteurs territoriaux, cela englobe aussi bien les services déconcentrés de l’État que les services décentralisés.
De plus, cela concerne toute autre partie, qu’il s’agisse de personnes physiques ou morales, qui intervient directement ou indirectement dans la mise en œuvre de ces politiques. Les bénéficiaires eux-mêmes sont des parties prenantes. Aujourd’hui, pour mener une action publique au niveau territorial, il est indispensable de prendre en compte les préoccupations des bénéficiaires. Et pour ce faire, sans pour autant retarder l’action publique ou l’investissement, il est nécessaire de mettre en place un mécanisme de conciliation et de médiation par rapport aux problèmes qui surgissent. C’est là toute la pertinence du mécanisme de gestion des plaintes.
Nous avions constaté que ce mécanisme existait déjà au niveau communal. Cependant, s’il n’y a pas de solution à ce niveau, il faut pouvoir trouver un niveau secondaire. C’est pourquoi nous sommes venus ici avec tous les représentants de l’État, les services déconcentrés, les directeurs et les autres structures territoriales, pour voir ensemble comment mettre en place un mécanisme de gestion des plaintes au niveau départemental. L’objectif est de régler les problèmes et de booster l’investissement public au niveau territorial.

À l’issue de cette rencontre, y aura-t-il un suivi concernant les services déconcentrés de l’État, notamment sur l’accès à l’information pour les populations qui se plaignent souvent, et sur l’accessibilité des services de l’État ? Est-il important de les accompagner ?
Mamadou Diokhane : L’administration est en train de faire sa mue. Aujourd’hui, nous sommes obligés de tenir compte des exigences des citoyens. Notre raison d’être est d’incarner une administration de développement. Une administration de développement doit prendre en charge les préoccupations des populations. Et parmi ces préoccupations figurent en bonne place la transparence et la nécessité de rendre compte, mais aussi d’informer. On parlait de rendre compte, mais maintenant, il faut informer en amont, il faut écouter et discuter. On parle désormais d’une administration de proximité.
C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, même nous, nous nous sommes dit qu’il nous faut un nouveau plan stratégique de développement. L’administration est aujourd’hui obligée d’informer, de communiquer et parfois même de négocier. Nous ne sommes plus à l’ère où l’administration était une administration coloniale. Nous sommes désormais une administration de développement, et qui dit administration de développement dit accepter d’être une institution qui communique, qui partage, qui informe et qui rend compte.
Propos recueillis par Mamour Fall