
C’est à l’occasion de l’atelier régional de capitalisation du PACASEN tenu ce jeudi à Thiès que le Dr Oumar Faye, Directeur de l’Agence Régionale de Développement (ARD) de Thiès, a présenté le bilan du Programme d’Appui aux Communes et Agglomérations du Sénégal dans la région. La mission de supervision et d’évaluation dresse un tableau encourageant : après sept ans de mise en œuvre, les quinze communes pilotes, représentant plus d’un million d’habitants, ont profondément transformé leur gouvernance locale.
Un programme ancré dans un territoire dynamique
La région de Thiès, deuxième pôle économique du Sénégal avec une contribution estimée à 15 % du PIB national, accueille 2,6 millions d’habitants répartis dans trois départements. C’est dans ce contexte porteur que le PACASEN a sélectionné quinze communes éligibles dont la Ville de Thiès, Mbour, Tivaouane ou encore Saly Portudal pour y développer des capacités de gouvernance et de financement à la hauteur des enjeux locaux.
Une performance institutionnelle remarquable
Le résultat le plus frappant du programme est la progression spectaculaire des communes dans la satisfaction des Conditions Minimales Obligatoires (CMO). En 2019, seules huit communes sur quinze les remplissaient lors de la première évaluation. Dès 2020-2021, quatorze communes étaient au rendez-vous malgré la crise sanitaire mondiale. Depuis 2023, la totalité des quinze communes atteignent l’ensemble des CMO, une performance totale maintenue en 2024 et en 2025.
Sur le volet des Indicateurs de Performance (IdP), le résultat est tout aussi solide : à l’exception de l’année 2020 marquée par le COVID, les communes ont systématiquement satisfait aux exigences du programme depuis son démarrage. Toutes les communes ont par ailleurs signé des protocoles de performance avec le Ministère en charge des Collectivités Territoriales, témoignant d’un engagement institutionnel généralisé.

Plus de 17 milliards de FCFA mobilisés pour le développement local
Sur la période 2019-2025, le PACASEN a prévu d’allouer 17,5 milliards de FCFA à la région de Thiès. Plus de 14,3 milliards ont déjà été effectivement reçus par les communes, finançant 464 projets à travers les trois départements. Le taux d’exécution financière s’établit à 84 %, ce qui reflète une capacité d’absorption satisfaisante de la part des collectivités territoriales.
Le département de Mbour concentre près de la moitié des allocations reçues (48,4 %), suivi de Thiès (38,7 %) et de Tivaouane (12,9 %). Ces dotations ont permis de financer des projets dans onze secteurs stratégiques : l’éducation, la santé, la voirie, l’assainissement, l’électrification, le commerce, le sport, le cadre de vie et l’hydraulique, entre autres.
Une gouvernance locale profondément renforcée
Au-delà des chiffres, le PACASEN a engendré des transformations durables dans la façon dont les communes gèrent leurs affaires. Des Commissions de Fiscalité Locale ont été mises en place dans l’ensemble des quinze communes, permettant une meilleure connaissance du potentiel fiscal et une mobilisation accrue des recettes propres. La gestion budgétaire s’est informatisée grâce au déploiement généralisé du logiciel GFILOC, avec une nette réduction des rejets par le comptable public.
La transparence financière s’est également renforcée : des audiences publiques sont désormais organisées avant le débat d’orientation budgétaire dans toutes les communes, et des dispositifs de gestion des plaintes citoyennes ont été installés dans chacune des quinze collectivités pilotes. Des points focaux dédiés aux enjeux environnementaux ont en outre été nommés et formés dans l’ensemble des communes, en prévision des nouvelles exigences de la phase additionnelle intégrant la dimension changement climatique.

Un programme qui entre dans une nouvelle phase
Après une première phase de construction du dispositif (2019-2025), le PACASEN est entré depuis 2025 dans une phase additionnelle qui élève les ambitions. Elle intègre désormais des indicateurs spécifiques liés au changement climatique et pousse les communes à aller au-delà de la simple conformité réglementaire pour viser une véritable culture de la performance.
Le bilan présenté par le Dr Oumar Faye illustre ce qu’une approche structurée, associant dotations conditionnelles, accompagnement technique continu et renforcement des capacités, peut produire dans le contexte de la décentralisation sénégalaise. Les quinze communes de la région de Thiès en sont aujourd’hui une démonstration convaincante.