
Face à l’accélération des dérèglements climatiques, les collectivités territoriales du Sénégal se trouvent en première ligne. Érosion côtière, inondations, sécheresses, dégradation des ressources naturelles et insécurité alimentaire menacent directement l’économie locale et les moyens de subsistance des populations. Pour répondre à ces défis, l’Agence de développement municipal (ADM) met en avant un levier incontournable : le Plan Climat Territorial (PCT).
Loin d’être une contrainte administrative, le PCT s’impose comme une véritable feuille de route stratégique sur cinq ans. Il permet aux élus locaux d’anticiper les risques, de protéger leurs administrés et de transformer la contrainte environnementale en opportunités économiques.
Qu’est-ce qu’un Plan Climat Territorial (PCT) ?
Le PCT est un outil de planification stratégique et d’aide à la décision conçu pour et par la commune. Il repose sur deux piliers fondamentaux et indissociables que sont l’adaptation et l’atténuation. L’adaptation vise à réduire concrètement la vulnérabilité du territoire face aux aléas climatiques majeurs comme le stress hydrique, les inondations ou les sécheresses. L’atténuation, quant à elle, cherche à limiter les émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs clés comme l’énergie, les transports, l’agriculture, la gestion des déchets et l’usage des sols.
Les principes directeurs : une démarche inclusive et locale
Pour garantir son appropriation par les citoyens et son efficacité à long terme, l’élaboration du PCT repose sur des valeurs fortes de participation et d’équité. Du diagnostic à l’évaluation, toutes les forces vives, incluant les populations, la société civile, le secteur privé, les femmes et les jeunes, sont associées pour co-construire l’avenir du territoire.
Cette démarche intègre systématiquement la question du genre et de l’inclusion sociale afin de prendre en compte les vulnérabilités spécifiques de chaque groupe et de valoriser des emplois verts équitables. Par ailleurs, à travers l’approche d’adaptation menée localement , le plan met en avant les initiatives et les savoirs endogènes au plus près des réalités du terrain. Enfin, le PCT s’appuie sur l’intercommunalité et la cohérence territoriale en s’alignant sur les politiques nationales, notamment la loi n°2013-10 du Code général des collectivités territoriales, favorisant ainsi la mutualisation des ressources lorsque les enjeux dépassent les frontières locales.
Une démarche structurée en 5 phases
L’élaboration d’un PCT s’étale sur une période de cinq ans, synchronisée avec les documents de planification locale tels que le PDC, le PDV ou le SDAT, ainsi qu’avec les référentiels nationaux comme la CDN, le PNA et la SNTE. Ce processus complet se déploie à travers treize étapes clés réparties en cinq grandes phases :
La première phase pose les bases de la préparation et de l’engagement à travers la délibération, la mobilisation des parties prenantes et les premières concertations. Vient ensuite la phase de diagnostic, dédiée à l’évaluation de la vulnérabilité et à l’inventaire précis des gaz à effet de serre. La troisième phase est celle de la planification, durant laquelle se dessinent la vision, les objectifs, ainsi que l’agenda d’actions priorisées et chiffrées. La quatrième phase assure la validation technique, communautaire et institutionnelle du plan. Enfin, la cinquième phase formalise la gouvernance et le suivi, mettant en place un système de suivi-évaluation rigoureusement orienté vers l’impact et les résultats concrets.
Des bénéfices économiques et stratégiques tangibles
Investir du temps et de l’énergie dans un PCT génère des retombées positives directes pour les municipalités. Sur le plan budgétaire, anticiper et planifier les risques coûte structurellement moins cher que de réparer les dégâts climatiques. C’est aussi un formidable moteur de dynamisation économique grâce à la création d’emplois verts dans les domaines de l’agroécologie, des énergies renouvelables, de l’écoconstruction ou de la gestion durable des déchets. De plus, une commune qui planifie renforce considérablement son attractivité en rassurant l’État ainsi que les investisseurs sur sa vision à long terme.
Pour financer ces actions, le PCT aide à structurer des projets dits « bancables » capables de capter cinq canaux majeurs de financement. Les collectivités peuvent ainsi s’appuyer sur les financements publics classiques comme les budgets communaux et les dotations de l’État. Elles peuvent également solliciter les financements climatiques internationaux auprès d’institutions comme le Fonds vert pour le climat, le Fonds d’adaptation, la Banque mondiale, la BAD ou l’Union européenne. Le secteur privé et les partenariats public-privé (PPP) offrent aussi des opportunités via la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et les crédits bancaires orientés climat. À cela s’ajoutent les leviers de la coopération décentralisée, avec les jumelages Nord-Sud et les réseaux territoriaux comme ICLEI Afrique ou CGLU Afrique, ainsi que des dispositifs innovants tels que les tables rondes de bailleurs et les plateformes numériques de financement.
Engagez votre commune dès aujourd’hui !
Comme le rappelle la formule consacrée : une commune qui planifie son climat est une commune qui anticipe, protège et investit dans l’avenir.
Pour accompagner les élus dans cette transition majeure, le Guide harmonisé d’élaboration du PCT, validé par arrêté interministériel MUCTAT-METE en date du 24 juillet 2025, est d’ores et déjà disponible auprès de l’Agence de Développement Municipal (ADM) ainsi que de la DCCTEFV. Les autorités locales sont invitées à se rapprocher de ces instances pour entamer dès à présent la transformation résiliente de leurs territoires.
Bonjour
Je veux la documentation
C’est intéressant car aujourd’hui les changements climatiques, la déforestation, la croissance démographique et l’urbanisation rapide s’accompagnent de défis qu’Il faut prendre pour favoriser un durable des collectivités territoriales au Sénégal.