À Saint-Louis, le pari réussi d’un environnementaliste pour redonner vie aux berges du fleuve

Ceux qui ont l’habitude d’emprunter la berge du fleuve, dans le quartier Nord de Saint-Louis, peuvent se rendre compte des changements intervenus ces dernières années dans ces lieux. L’environnementaliste Cheikh Ahmed Tidiane Sarr a donné un nouveau visage à ces berges et rêve d’étendre son expérience aux autres coins de l’île pour faire du centre de Saint-Louis une île aux cocotiers.

Ce bénévole de l’environnement, décoré l’année dernière par le gouverneur pour ses actions, arpente chaque matin la berge où il a planté des cocotiers afin d’assurer leur entretien et de débarrasser les lieux des ordures laissées par les passants, muni d’un bâton qu’il porte toujours avec lui.

Plusieurs personnes fréquentent ces lieux, devenus, grâce à son action, un point de convergence des populations de l’île qui viennent y prendre l’air et consommer un rafraîchissement dans les espaces aménagés à cet effet.

Éloigné de sa ville natale pour des raisons professionnelles, Sarr était frappé par l’insalubrité ambiante qui caractérisait les berges, lesquelles servaient de dépotoir où jonchaient des carcasses de moutons et toutes sortes d’ordures.

Son premier réflexe a été de se lever tous les jours pour enlever, avec les moyens du bord, les ordures, notamment les déchets plastiques. Cela lui a même valu des remontrances de la part de certains membres de sa famille qui ne voyaient pas l’intérêt d’un tel dévouement.

Il explique son engagement pour Saint-Louis par sa volonté de suivre les pas de son défunt père.

« Mon père aimait la ville de Saint-Louis. Il a tout fait pour Saint-Louis. Il s’est battu corps et âme pour que Saint-Louis devienne un département, jusqu’à ce que cela soit réalisé. Après sa mort, j’ai repris le flambeau. J’ai voulu faire quelque chose pour honorer mon père. Lorsque je suis revenu à Saint-Louis, après avoir terminé ma carrière à Dakar, je m’y suis installé après ma retraite », souligne l’environnementaliste.

À Saint-Louis, ajoute-t-il, « j’ai vu que les berges étaient tellement sales qu’il était impossible d’y vivre. Je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose. J’ai commencé à ramasser les papiers, petit à petit. »

Il indique avoir commencé par balayer et s’être ensuite demandé un jour : « Pourquoi ne pas planter des arbres ? » Il souhaitait apporter davantage de verdure, car il n’y avait ni arbres ni ombre. Il a donc commencé à planter des arbres de son côté, en une première rangée. Puis, l’appétit venant en mangeant, il s’est dit qu’au bord du fleuve, les cocotiers seraient plus adaptés, et il a commencé à en planter.

Cependant, animé d’une ferme volonté de rendre les lieux propres et attrayants, Sarr est passé à la vitesse supérieure en plantant des cocotiers tout le long de la berge, grâce à l’appui de quelques mécènes.

Son action n’a pas tardé à attirer l’attention de certains investisseurs qui n’ont pas hésité à venir ouvrir des commerces et des mini-restaurants, attirant ainsi une clientèle en quête de fraîcheur durant la saison chaude.

Certes, son travail est reconnu à travers les décorations et hommages reçus de diverses institutions, notamment de l’Université Gaston Berger (UGB), de la mairie, de la Direction de l’Environnement et du gouverneur. Mais cela ne lui suffit pas. La commune l’a même consacré « Homme de l’année » en 2015.

ALY SENE

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