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Actualités 04 octobre 2026 alassane

Bilan et perspectives du PACASEN à Kaffrine : entre gouvernance axée sur les résultats et consolidation des acquis territoriaux

L’atelier régional d’échanges et de capitalisation des résultats du Programme d’Appui aux Communes et Agglomérations du Sénégal (PACASEN) s’est tenu le jeudi 1er octobre 2026 à Kaffrine. Présidée par le Gouverneur de la région,...

L’atelier régional d’échanges et de capitalisation des résultats du Programme d’Appui aux Communes et Agglomérations du Sénégal (PACASEN) s’est tenu le jeudi 1er octobre 2026 à Kaffrine. Présidée par le Gouverneur de la région, cette rencontre stratégique a réuni l’Agence de Développement Municipal (ADM), l’Agence Régionale de Développement (ARD), les autorités administratives, les maires des collectivités territoriales concernées ainsi que l’ensemble des services techniques déconcentrés. L’objectif central résidait dans l’analyse des réussites, l’évaluation de l’exécution financière et technique, l’examen des défis opérationnels et la formulation de recommandations pérennes pour l’avenir du développement local au cœur du Ndoucoumane.

Une vision stratégique fondée sur la performance et la transformation territoriale

Dans son allocution d’ouverture, le Directeur Général de l’ADM, Dr Mamouth Diop,  a rappelé la trajectoire du PACASEN depuis son lancement en 2018 sous la tutelle du Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, avec le concours financier de la Banque mondiale et de l’Agence française de développement. Le programme s’est structuré autour d’un double objectif : accroître le financement des collectivités territoriales et améliorer de manière structurelle leur performance dans la gestion des investissements ainsi que des services publics locaux.

L’approche par les résultats a constitué le levier fondamental de cette démarche. Les transferts financiers ont été directement conditionnés par la mise en œuvre de réformes clés et le respect d’exigences institutionnelles. Les communes ont ainsi pu consolider leurs compétences en matière de planification stratégique, renforcer la viabilité de leurs systèmes de gestion financière, améliorer la participation citoyenne et optimiser leur maîtrise d’ouvrage locale.

La cartographie des réalisations et l’impact économique régional

La présentation délivrée par le Directeur de l’ARD de Kaffrine, Samba Faye Diop, a apporté un éclairage détaillé sur les caractéristiques démographiques, économiques et territoriales de la région. Couvrant une superficie de 11 181 km² pour une population de 821 287 habitants à majorité rurale et jeune, Kaffrine s’affirme comme un bassin agricole et pastoral majeur du Sénégal. Le dispositif du PACASEN a concentré son action sur quatre communes pilotes représentant les chefs-lieux de département, à savoir Kaffrine, Birkelane, Koungheul et Malem Hodar, qui regroupent ensemble 111 535 habitants.

Sur la période de 2019 à 2025, le périmètre financier arrêté pour la région prévoyait une enveloppe globale de 2 925 434 854 FCFA. Les transferts effectifs reçus par les collectivités territoriales s’élèvent à 2 423 484 303 FCFA, reflétant un taux de transfert de 83%.

La répartition des allocations reçues attribue 1 086 660 784 FCFA à la commune de Kaffrine, soit 44,8 % du total. La commune de Koungheul bénéficie de 526 064 448 FCFA, soit 21,7 %. La commune de Malem Hodar perçoit 446 193 411 FCFA, représentant 18,4 %. La commune de Birkelane reçoit 364 565 660 FCFA, soit 15,0 %.

Sur le plan contractuel, les communes ont engagé un montant global de 2 464 526 790 FCFA, soit un taux d’engagement de 102 % par rapport aux ressources reçues. Le volume total des décaissements effectués atteint 2 020 851 330 FCFA, ce qui représente un taux d’exécution financière de 83 % et un taux de décaissement sur contrats de 82 %. Le reliquat financier disponible s’élève à 402 632 973 FCFA.

Sur le plan physique, ces ressources ont permis le financement de 68 projets sectoriels couvrant des domaines essentiels comme l’éducation, la santé, l’assainissement, l’équipement commercial et l’élevage. À ce jour, 55 projets sont entièrement achevés, représentant 80 % des réalisations, tandis que 14 projets sont en cours de finalisation, soit 20 %, aucun projet n’étant à l’arrêt. Parmi les infrastructures emblématiques figurent la construction de cantines commerciales à la gare routière de Kaffrine, à Koungheul et à Malem Hodar, le poste de santé de Diaméguène Ndiobène à Kaffrine, le centre socio-culturel de Koungheul ainsi que la maison des hôtes et la salle de spectacle de Birkelane.

Avancées institutionnelles, renforcement des capacités et gouvernance

Outre les investissements physiques, les présentations conjointes de l’ADM et de l’ARD ont mis en exergue des progrès institutionnels probants. Les quatre communes pilotes ont toutes mis en place des Commissions de Fiscalité Locale (CFL) pour maîtriser leur assiette fiscale et ont généralisé l’usage du logiciel GFILOC pour la gestion budgétaire. Des dispositifs de gestion des plaintes et réclamations (MGP) ont été installés, assortis de la nomination de points focaux et de l’instauration d’un numéro vert à Kaffrine.

La dynamique d’évaluation régulière à travers les Conditions Minimales Obligatoires (CMO) et les Indicateurs de Performance (IDP) a instauré une véritable culture de la performance. À titre d’illustration, la commune de Kaffrine a enregistré un niveau de performance croissant sur ses IDP, passant de 34 points en 2019 à 75 points en 2025.

Ces transformations s’appuient sur un effort continu de formation. Entre 2019 et 2026, un total de 123 acteurs locaux (dont 40 % de femmes) comprenant des élus et des agents municipaux ont été formés dans l’ensemble des quatre communes sur des thématiques diversifiées comme la passation des marchés, la maîtrise d’ouvrage locale, la gestion environnementale et sociale, la fiscalité ou le changement climatique.

Contraintes opérationnelles et leviers d’amélioration

L’atelier de capitalisation a permis d’aborder sans détour les difficultés techniques et organisationnelles qui ont affecté le déroulement de certaines interventions.

Une première contrainte réside dans le retard de transfert et de mise à disposition effective des allocations financières aux collectivités territoriales, ce qui a pu décaler le calendrier de démarrage des chantiers. Une deuxième difficulté concerne les lourdeurs administratives et la lenteur observées dans les procédures de passation des marchés publics. Une troisième contrainte découle des défaillances de certaines entreprises prestataires entraînant des retards ou des non conformités. Un quatrième obstacle concerne l’insuffisance des ressources financières dédiées à l’entretien et à la maintenance préventive des infrastructures livrées. Enfin, des délais parfois tardifs ont été notés dans le déploiement des actions de coaching territorial continu sur les indicateurs financiers.

Recommandations et perspectives pour la pérennisation des acquis

Face à ces constats, l’ADM et l’ARD ont tracé des perspectives d’action prioritaires afin de transformer le patrimoine institutionnel du PACASEN en modes ordinaires de gestion municipale.

Il convient tout d’abord d’optimiser la prévisibilité des transferts de ressources par l’État et l’ADM. Il s’agit également d’inviter les collectivités territoriales à anticiper la programmation des marchés publics et à inscrire obligatoirement une ligne budgétaire dédiée à la maintenance des infrastructures. Le renforcement de la mission d’appui conseil et de suivi rapproché assurée par l’ARD auprès des équipes communales constitue une autre priorité. La digitalisation des outils de gestion doit par ailleurs s’accélérer par l’opérationnalisation du portail web des collectivités et la dématérialisation du mécanisme de gestion des plaintes. De plus, l’organisation de coachings groupés et d’échanges de bonnes pratiques entre communes performantes et moins performantes favorisera un apprentissage mutuel. Fort de ces résultats du Pacasen,  l’ensemble des acteurs territoriaux de la région portent  le plaidoyer pour la formulation d’une deuxième phase du programme.

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