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Actualités 30 juillet 2026 alassane

Changements climatiques et projets d’investissement : le RAPSES apporte sa contribution à la réflexion 

Comment intégrer efficacement les enjeux climatiques dans les projets d’investissement et comment mobiliser les financements adaptés ? C’est autour de cette problématique majeure que le Réseau des Acteurs et Professionnels de la Sauvegarde Environnementale...

Comment intégrer efficacement les enjeux climatiques dans les projets d’investissement et comment mobiliser les financements adaptés ? C’est autour de cette problématique majeure que le Réseau des Acteurs et Professionnels de la Sauvegarde Environnementale et Sociale (RAPSES) a réuni, le 18 juillet 2026, des experts, praticiens et universitaires, lors d’un webinaire dont la thématique est intitulée : « Les Projets d’investissement face aux défis des changements climatiques : stratégies d’atténuation et d’adaptation » . 

Le Réseau des Acteurs et Professionnels de la Sauvegarde Environnementale et Sociale (RAPSES), faut-il le rappeler, est une association qui fédère des experts, praticiens et acteurs issus de différents secteurs, tous engagés dans la protection de l’environnement, le développement durable et l’amélioration des conditions de vie des populations. Le réseau se veut un espace de réflexion, de partage d’expériences, de renforcement des capacités et de plaidoyer pour une meilleure intégration des enjeux socio-climatiques dans les politiques publiques, programmes et projets de développement. 

Pendant près de deux tours d’horloge, les échanges ont permis de mettre en lumière les défis techniques, méthodologiques et financiers liés à la prise en compte du climat dans les projets d’investissement. Le webinaire, ouvert par M. El Hadji Djiby WATT du PROCASEF, et modéré par Mme Ndèye SAGNE du PACASEN, a été animé par deux experts reconnus du domaine : M. Mamadou Ndong Touré, spécialiste de la finance climat à Practical Action, et Dr Mor Tine, consultant en évaluation environnementale et sociale.

Dans son allocution d’ouverture, M. Djiby WATT a souligné que l’intégration des enjeux climatiques ne constitue plus une option, mais une exigence incontournable pour la conception et la mise en œuvre de projets d’investissement durables. Il a ainsi établi un parallèle avec l’intégration progressive du genre dans les politiques et projets de développement, devenue aujourd’hui une pratique systématique.

Adapter, atténuer, financer : les clés de lecture de Mamadou Ndong Tour La finance climatique : de nouvelles opportunités à saisir pour des projets plus durables Lors de son intervention, M. Touré est parti d’un constat simple :  l’investisseur raisonne en termes de rentabilité économique et de risques, alors que l’expert climat analyse en termes de tonnes de CO₂ évitées et de populations protégées. Réconcilier ces deux logiques, que tout semble opposer, est selon lui, la marque d’un projet d’investissement réussi.

Poursuivant son analyse, il est largement revenu sur les concepts d’« atténuation », d’« adaptation » et de « dommages et pertes » qui, selon lui, influent sur les modalités de financements verts à mobiliser. Il a, par la suite, présenté les principaux mécanismes internationaux de financement du climat, notamment le Fonds vert pour le climat, le Fonds pour l’environnement mondial, le Fonds d’adaptation et le Fonds pour les pertes et dommages. Plaçant la notion d’« additionalité » au centre de son analyse, il montre comment les projets sensibles au climat présentent une plus-value à même de capter des finances additionnelles. Pour illustrer son propos, Monsieur Touré a convoqué deux projets majeurs mis en œuvre au Sénégal :

  • Le Projet de lutte contre les inondations, avec son approche communautaire d’alerte précoce face aux risques d’inondations, où les ménages informés à temps ont pu éviter jusqu’à 240 000 francs CFA de pertes, par foyer 
  • le BRT de Dakar, premier bus rapide transit entièrement électrique d’Afrique subsaharienne, cité comme exemple réussi d’« additionnalité climatique », est le symbole d’un projet de mobilité urbaine durable

A travers ces exemples, il a démontré que les investissements climatiques peuvent produire des bénéfices économiques et sociaux importants.

«Mais le maillon faible de la chaine de valeur climatique n’est pas l’idée de projet, c’est surtout la capacité à produire un dossier finançable, prêt au bon moment. »
  —  Mamadou Ndong Touré

Pour s’adapter aux conditionnalités des fonds climatiques et s’aligner à l’échelle de grandeur des montants alloués, il a par ailleurs encouragé les collectivités territoriales à mutualiser leurs initiatives afin d’accéder plus facilement aux financements internationaux.

L’intégration des enjeux climatiques dans le cycle de vie des projets : une méthode en six étapes  

Consultant en évaluation environnementale et sociale, Dr Mor Tine a centré son intervention sur l’intégration des enjeux climatiques dans le cycle de vie des projets. Chiffres à l’appui — un projet climato-résilient coûte 5 à 20 % de plus à la conception, mais réduit ses coûts d’entretien et ses pertes sur le long terme — il a rappelé que les  Partenaires Techniques et Financiers (Banque mondiale, BAD, SFI, BEI) exigent désormais tous une analyse des risques climatiques avant tout financement.

Il a détaillé une démarche méthodique en six étapes, de l’identification des aléas climatiques jusqu’au suivi-évaluation, en passant par l’intégration dans les études d’impact environnemental et social et les plans de gestion environnementale et sociale — une méthodologie qu’il a rapprochée de celle utilisée pour l’intégration du genre dans les projets de développement.

« L’intégration des enjeux climatiques doit intervenir dès la phase de conception et se poursuivre tout au long du cycle de vie du projet. »
  —  Dr Mor Tine

Répondant à une question sur le cadre légal sénégalais, il a rappelé que l’évaluation environnementale et sociale est une obligation réglementaire, ancrée dans le Code de l’environnement (loi n° 2023-15 du 2 août 2023) et précisée par le décret n° 2025-227.

Des échanges riches avec les participants

A l’issue des présentations, la session interactive a donné lieu à des échanges nourris entre les panélistes et les participants. Les interventions ont porté notamment sur le renforcement de la participation des collectivités territoriales (points focaux climat), l’amélioration de l’accès aux financements climatiques, les risques de « maquillage climatique » (tentative de requalifier à postériori des actions déjà prévues sans changement réel dans la démarche), la nécessité d’intégrer les considérations climatiques dès la phase de conception des projets et les obligations réglementaires en matière d’évaluation environnementale et sociale. Les débats ont également mis en évidence l’importance de développer les capacités des acteurs locaux afin de leur permettre de préparer des projets répondant aux critères des mécanismes internationaux de financement.

 Une dynamique appelée à se poursuivre

En  clôturant les travaux, M. Djiby Watt a résumé l’enjeu principal qui traverse désormais toute la profession : faire du risque climatique un risque de projet comme un autre — systématiquement évalué, budgétisé et suivi, au même titre que les risques techniques, financiers ou sociaux. Cette approche, a-t-il souligné, constitue une condition essentielle pour renforcer la résilience des investissements face aux effets croissants des changements climatiques.

Par la voix de Mme Sagne, le RAPSES a remercié l’ensemble des participants et  annoncé la poursuite de cette dynamique à travers une nouvelle série de webinaires consacrés notamment à l’accès aux données climatiques, au mécanisme de gestion des plaintes, à l’intégration du genre ainsi qu’à la mise en œuvre des Plans de Gestion Environnementale et Sociale. Le réseau entend ainsi renforcer les capacités des professionnels de la sauvegarde environnementale et sociale et promouvoir une meilleure prise en compte des enjeux climatiques dans les politiques publiques et les projets de développement au Sénégal et dans la sous-région.

Rejoindre le RAPSES

Le Réseau des Acteurs et Professionnels de la Sauvegarde Environnementale et Sociale (RAPSES) organise régulièrement des webinaires gratuits et ouverts à l’ensemble des professionnels de la sauvegarde environnementale et sociale au Sénégal et dans la sous-région. Pour rejoindre le réseau ou proposer une thématique, contactez Mme Ndèye SAGNE (sagna2806@gmail.com) ou M. Djiby WATT (djiby.watt@procasef.sn).

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